Des Toutous Et Gros Sous

Le meilleur ami de l’homme peut aussi lui coûter bonbon. Outre la nourriture, les compagnons à quatre pattes s’habillent... ou se parfument. Une tendance qui n’a pas échappé à H & M.

Un petit jogging blanc à capuche avec un dessin de ballon de foot (pour lui), un imperméable en plastique rouge brillant accompagné d’un grand sac noir à petits pois blancs (pour elle), le tout largement inspiré par la mode des années 1950, cette minicollection débarquera dès janvier dans deux magasins H & M en Suisse, à Genève et à Zurich, ainsi que dans quelques enseignes ciblées pour le reste de la planète. Particularité de l’opération : ces vêtements seront portés par des êtres plutôt poilus et à quatre pattes.

« Les habits pour chiens sont actuellement très tendance, comme on a pu le voir dans le film Legally Blond » (n.d.l.r. : les aventures d’une blonde branchée et de son chihuahua), précise Daniele Bryner, porte-parole de H & M Suisse. Un « clin d’œil » qui ne devrait durer que le temps d’une saison, la chaîne suédoise n’entendant pas se spécialiser dans les accessoires pour animaux. Car, pour H & M, la dogwear collection fait partie d’une stratégie générale : coller au plus près aux desiderata des fashion victims, en effectuant de temps à autre des petits coups d’éclat des plus hype, comme ce fut le cas avec notamment le string jetable.

Flop des parfums

Mais, si l’enseigne se défend d’y voir là un créneau juteux, ce n’est pas forcément l’avis de tout le monde. Depuis quelques années déjà, les marques de haute couture ou de prêt-à-porter se sont emparées de la dog attitude, de la ligne Gucci Dog aux croquettes siglées Ralph Lauren en passant par les carreaux Burberry’s. Des tailles XXS pour qui les propriétaires canins sont prêts à débourser de grosses sommes. Et aux Etats-Unis ou au Japon, la tendance ne s’arrête pas aux apparences puisque les « dog-sitters », les psychologues pour chiens, les services funèbres ou les hôtels pour chiens fleurissent.

Une dérive que ne connaît pas la Suisse, où, rappelons-le, les animaux de compagnie bénéficieront bientôt d’un nouveau statut juridique qui ne les assimilera plus à des objets. Certaines offensives commerciales ne sont pas du goût des Helvètes. C’est le cas d’une ligne de parfums et de shampoings, Oh My Dog et Oh My Cat, « respectant l’épiderme du chien et du chat », distribuée notamment par la chaîne Marionnaud, qui a fait un flop. « L’affaire était pourtant bien menée et initiée par deux anciens de chez Givenchy, analyse Ghislaine Derrien, attaché de presse chez Marionnaud. Mais cela n’a pas marché en Suisse où seules deux boutiques continuent à vendre ces produits. » Reste que le marché des animaux de compagnie ne connaît pas la crise, avec environ 1,35 million de chats et 480 000 chiens en Suisse. Soit un tiers des foyers helvétiques abritant un matou et 15% de ménages à toutou. Chez MasterFoods, leader en Suisse de la nourriture pour animaux (Sheba, Whiskas, Pedigree, Cesar...), on note que l’alimentaire a plutôt tendance à stagner, aux environs de 360 millions de francs, en raison du nombre peu grandissant des compagnons à quatre pattes. Mais les fabricants tentent de renverser la vapeur en concoctant des aliments haut de gamme, avec des innovations en matière d’emballage ou d’apport nutritionnel.

Si peu de chiffres existent dans le domaine - et que l’alimentaire stagne -, on peut aisément en déduire que la croissance est dopée par les accessoires et tout ce qui rajoute au confort ou au look de la bébête. Car, si la grande distribution continue à accaparer la majorité du marché (76% des ventes sur un marché global estimé à 700 millions de francs), les chaînes spécialisées montrent leurs griffes. Avec 20 boutiques, 4500 articles et 70 employés, Cats and Dogs fête cette année ses 10 ans d’existence. La moitié de son chiffre d’affaires (non divulgué) provient des accessoires. « Le secteur est très porteur et croît de 5 à 10% par année. Nous estimons d’ailleurs encore pouvoir ouvrir 5 ou 6 magasins », avoue Shedli Hammami, directeur de Cats and Dogs.

Un déploiement sur le terrain mené également tambour battant par le discounter allemand Fressnapf, 500 magasins en Europe et des ventes estimées à plus de 850 millions de francs pour cette année. En Suisse, Fressnapf ouvrira sa 20e succursale en février et son objectif final s’établit entre 35 et 40 magasins avec une surface de vente d’au minimum 500 m2. Jenny Petrlic, la directrice marketing pour la Suisse, constate toutefois que le succès des accessoires pour animaux dépend du degré d’urbanisation, les citadins - solitude aidant - étant plus enclins à mettre 300 francs pour un collier dernier cri ou des croquettes à 90 francs !

L’industrie suisse du textile cartonne
L’industrie suisse du textile a crû de manière étonnante en 2003, malgré une économie claudicante. Alors que les exportations, tous secteurs confondus, s’affichent en baisse, la branche a réalisé une croissance réelle des exportations de 19,5% sur les dix premiers mois de l’année. Elles se sont élevées à 1,32 milliard de francs. En termes nominaux, elles se sont améliorées de 27,1%.

Trois facteurs

Cette hausse émane principalement de sociétés sises dans l’est de la Suisse et au Tessin. Trois facteurs permettent de l’expliquer : d’abord la période de janvier à juin s’était déjà soldée par une augmentation des exportations. Ensuite la production a été soutenue grâce à un « bon positionnement » des marques de « mode » suisse à l’étranger. Enfin, les pièces de tissu exportées pour être assemblées et cousues à l’étranger ont peut-être aussi dopé les chiffres.

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