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Des Animaux Souffrent, Des Gendarmes Veillent

D 26 août 2003     H 18:45     A CatChat     C 0 messages


La canicule est peut-être terminée, mais la sécheresse demeure. Chevaux, vaches et autres moutons sont ainsi menacés par les carences en eau dans les milieux ruraux. Gendarmes ou brigade verte sont particulièrement attentifs au bien-être de ces victimes silencieuses.

Coup de téléphone alarmé à la gendarmerie de Sarre-Union. Deux chevaux sont signalés comme étant abandonnés dans un enclos, à Siewiller. Selon l’appel, sans eau, sans fourrage. La sécheresse aggrave encore la situation. Alors les gendarmes décident de se rendre sur les lieux. Là, on découvre avec soulagement qu’il s’agit apparemment d’une fausse alerte. Par mesure de précaution, le chef Sinteff décide de prendre contact avec les propriétaires. « On nous a signalé que vos chevaux étaient à l’abandon, alors nous sommes venus vérifier. Mais il n’y a apparemment pas de problème, si ce n’est que les chevaux n’ont plus de pâturage avec la chaleur ». Les propriétaires, passés alimenter les animaux en eau le soir précédent, indiquent que les chevaux seront bientôt déplacés. La situation est vite réglée.

Très dépendants

Des cas comme celui-ci, l’Alsace en connaît beaucoup depuis que le soleil brille sans arrêt. Dans les campagnes, les gendarmes sont particulièrement sensibilisés au sujet. A Sarre-Union, le chef Sinteff est même intransigeant sur le sujet : « Nous allons régulièrement vérifier les enclos et l’état des animaux, quand nous sommes en patrouille. Si nous sommes informés d’un cas qui peut poser problème, nous nous déplaçons également très rapidement ». Avec la sécheresse, les pâturages sont en effet souvent en piteux état, et les animaux sont très dépendants de leurs propriétaires. « Ces propriétaires doivent régulièrement vérifier que les animaux ont de l’eau fraîche, du fourrage et un abri à l’ombre. Sinon, ils sont passibles d’une contravention de 4e catégorie, voire d’un passage devant le tribunal de police ». Propos confirmés à Saverne où, si la gendarmerie n’a guère eu à intervenir sur de tels cas, on reste à l’écoute. « Nous faisons très attention parce que cela rentre dans le cadre de nos attributions. C’est un sujet qui revient chaque année, mais il est encore plus important avec les températures actuelles ».

Brigades vertes

Dans le Haut-Rhin, où la situation est identique, une unité spécialisée est chargée, depuis 15 ans, de veiller au bien-être des animaux dans l’arrondissement de Guebwiller. Les brigades vertes, basées à Soultz, mobilisent ainsi 80 personnes. « Nous sommes des gardes champêtres au service des maires des 300 communes du secteur, explique le chef de poste Nicolas Krust. Nous ne faisons pas que cela, mais avec cet été record les interventions pour vérifier l’état des animaux deviennent très fréquentes ». Vaches, chèvres, chevaux, poules, moutons, chiens et chats... Les brigades oeuvrent au quotidien et tentent, si nécessaire, de trouver un terrain d’entente avec les propriétaires : « Avant l’amende, nous essayons de contacter les propriétaires pour les inciter à remettre du fourrage, de l’eau, ou installer un abri quand il le faut. Si ça ne marche pas, nous verbalisons et le tribunal peut aller jusqu’à décider du retrait des animaux. » Pour le chef de poste, les effets de la sécheresse pourraient se faire sentir jusqu’en hiver : « Les propriétaires sérieux prennent leurs dispositions. Mais dans certains cas limites, le fourrage prévu pour l’hiver doit déjà être utilisé car les pâturages sont brûlés. Cela posera problème dans quelques mois... » Nicolas Krust va jusqu’à évoquer certaines personnes déjà « obligées d’amener une partie du cheptel à l’abattoir pour préserver le fourrage ».

Malgré les sanctions

Du côté de la SPA de Mulhouse, le président Gérard Ziebelen précise que « les propriétaires doivent aller vérifier l’état de leurs animaux plusieurs fois par jour. Le plus important, c’est de s’assurer qu’ils ont bien de l’eau ». La SPA de Mulhouse a pris le parti de gérer la plupart des cas sensibles sans faire appel aux forces de l’ordre - « On ne peut pas attendre les procédures, il vaut mieux s’arranger de suite avec les gens » -. Mais elle a constaté une inquiétante recrudescence des cas critiques ces derniers temps : « Avec cette sécheresse, c’est démentiel. Nous faisons régulièrement intervenir maires ou pompiers pour alimenter les animaux ». En fait, le président de la SPA regrette une certaine dérive des propriétaires. « Le vrai souci, c’est que les gens ne font plus vraiment attention à leurs animaux. Dès qu’ils sont perçus comme une contrainte, ils les laissent à l’abandon ». Quelque 83 abandons de chiens et 78 de chats ont été recensés rien qu’en juillet (qui conduisent à une surpopulation des locaux de l’association). Ceci malgré les sanctions encourues pour maltraitance grave ou abandon d’animaux domestiques qui peuvent être punis de 30 000 € d’amende et jusqu’à deux ans de prison avec retrait des bêtes.

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